logo.png, 0 kB
Accueil arrow Métiers du social arrow Actualités diverses arrow La parentalité
Menu principal
Accueil
Métiers du social
Le social - actu
Citations
Portraits
Cinéma
Fiches pratiques
Téléchargements
Emploi social
Forum
Journal d'étudiant
Petites annonces
Bons plans
Liens
Livres
Le fil de l'info
Recherche
Revue de presse
Les flash infos
parlez en à vos amis
La parentalité Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 10
FaibleMeilleur 

parent.jpgLa parentalité peut se définir comme l'ensemble des réaménagements psychiques et affectifs qui permettent à des adultes de devenir parents, c'est-à-dire de répondre aux besoins de leur(s) enfant(s) à 3 niveaux :

  • le corps (les soins nourriciers)
  • la vie affective
  • la vie psychique

"C'est un processus maturatif." (Martine LAMOUR, Marthe BARRACO. Souffrances autour du berceau. Des émotions aux soins.- Gaétan Morin éditeur – 1998 – p. 26)

"Parentalité apparaît comme un terme spécifique du vocabulaire médico-psycho-social qui désigne de façon très large la fonction d' »être parent » en y incluant à la fois les responsabilités juridiques, telles que la loi les définit, des responsabilités morales, telle que la socio-culture les impose et des responsabilités éducatives." (Dictionnaire critique de l'action social – Bayard – 1995)

"La parentalité est un processus psychique évolutif et un codage social faisant accéder un homme et/ou une femme à un ensemble de fonctions parentales, indépendamment de la façon dont ils les mettront en œuvre dans une configuration familiale." (Catherine SELLENET – La parentalité en questions. Problématiques et pratiques professionnelles – sous la direction de Bernard VOSSIER – ESF éditeur – p. 27)

  • Présentation

Il est des concepts qui connaissent d'emblée une grande fortune – sans recouvrir forcément le même contenu pour tous les utilisateurs. Tel est le lot du terme « parentalité ».

En fait, le terme « parentalité » est une notion apparue dans le domaine des travailleurs sociaux qui se situe dans le champ social, juridique et psychologique.
Pour les juristes, la parentalité n'est pas un mot du droit civil et il ne semble pas qu'elle doive le devenir. En revanche psychologues, sociologues, travailleurs sociaux, parents, ne récusent pas la pertinence d'une formule qui s'adapte aux évolutions des pratiques sociales. Pour autant, ils ne s'accordent pas sur un sens commun.

Ce terme est en fait un néologisme qui n'a reçu à ce jour aucune définition, ni dans un dictionnaire de langage usuel, ni comme un terme juridique.
Quand et pourquoi ce terme a t-il donc fait son entrée dans notre vocabulaire courant ? Pourquoi ce terme de parentalité connaît-il un tel succès ? Mais qu'entend-on au juste par « parentalité » ?

  • Historique du concept

Il faut remonter au début des années 60 pour en trouver les premières élaborations. A cette époque, le psychiatre et psychanalyste français Paul-Claude Racamier a proposé le terme de « maternalité » pour décrire les processus psychiques qui se mettaient en place chez les femmes en attente d'enfant ou venant d'avoir un bébé. Il étudiait les psychoses puerpérales et, dans le cadre de son étude, il lui était apparu que ces processus jouaient un rôle déterminant.

La réflexion sur la parentalité est née des réflexions des sociologues au sujet des femmes seules qui éduquaient leurs enfants. Le terme de « monoparentalité », notion importée des pays anglo-saxons par des sociologues féministes avant d'être consacrée, en 1981, par l'INSEE, est le premier terme sociologique qui nomme une situation familiale sans la juger. Son arrivée dans notre vocabulaire a été une réelle avancée puisqu'une situation familiale était, dès lors reconnue – la monoparentalité - Ce modèle était différent du modèle de la famille nucléaire, papa, maman et deux enfants.
Dès lors « être parent » pouvait adopter de multiples formes. D'où la nécessité de trouver un nouveau terme tenant compte des différentes possibilités d'être parent. Ils furent définis par un dénominateur commun : la parentalité.

Il a fallu attendre les années 80 pour que l'on commence à parler de « parentalité ». Enfin, ce n'est qu'à partir des années 90 qu'on voit apparaître celui de « paternalité ». Chacun de ces termes désigne l'ensemble des processus qui se déploient dans la personnalité de l'un ou l'autre parent au cours de l'avènement de son rôle parental et tout au long de son expérience de parent.
Plus tard, le vocable de « parentalité » s'est en quelque sorte « émancipé » de son préfixe, et s'est même vu en adjoindre de nouveaux (co-parentalité, en 1995 et homo-parentalité, en 1997).

  • Parler de parentalité

Le glissement permanent qui s'opère entre famille, parent et parentalité permet de prétendre aussi aisément que ce terme est intégré depuis bien longtemps dans le champ social.
Il a acquis dans notre vocabulaire une place, mais est-il vraiment défini ? En quoi le terme de parentalité, rend compte des modifications et des représentations de l'évolution des mœurs ?

Tout champ d'intervention (que ce soit la psychologie, la pédagogie, le juridique, la sociologie, etc…) a son vocabulaire, ses mots privilégiés qui valident des pratiques et des représentations.
Les modifications de la terminologie observée par les psychologues, les acteurs sociaux, dans le domaine des relations parents- enfants sont à prendre en compte car elles traduisent nos changements de perspective, les changements de jugement que nous portons sur les parents et les familles.
Ces modifications linguistiques et sémantiques traduisent également la capacité de notre société à accepter les mutations et les transformations des structures sociales liées à la famille.

Il semblerait, que le recours à cette notion nouvelle « la parentalité » révèle une demande, un besoin, bref une évolution qui traduit les préoccupations sociétales face à une fonction parentale aujourd'hui souvent malmenée, alors qu'apparaissent de nouvelles configurations familiales (monoparentalité, homoparentalité, familles recomposées…)

En soi, ce terme de parentalité est difficile à cerner. Pourtant, son opérationnalité dans le suivi des actions auprès des enfants et des parents est bien réelle.

La notion de parentalité participe certainement à un assouplissement de postures idéologiques. La parentalité en tant que notion n'est pas stigmatisante et ne témoigne pas d'un jugement moral.
Etant moins prégnante, nous pouvons avancer l'idée que la parentalité est l'ensemble des façons de vivre le fait d'être parent.

Etre parent conjugue des réalités biologiques, des dimensions juridiques fondant la filiation et par là permettant l'inscription de l'enfant dans le corps social et la prise en charge quotidienne qui se traduit en de nombreuses activités de soin, d'éducation, etc. Quand ces trois réalités sont assurées par un homme et une femme cohabitant sans trop de conflits, la question de la nature de la parentalité, la distinction entre ses attributs fondamentaux et secondaires, apparaît de peu d'enjeu ; il n'en est évidemment pas de même dès lors que ces diverses dimensions sont partagées entre des personnes ou des instances différentes.
Depuis fort longtemps, les enfants sont élevés dans des groupes familiaux par des membres de leur parenté reliés à eux par des liens de filiation, d'alliance et de corésidence. La responsabilité d'élever les enfants relavait alors exclusivement des parents et de leur entourage avant d'être partagée avec les prêtres, puis avec les enseignants.

Les réformes récentes du Code de la famille et la rénovation des lois sociales de 1975 réaffirment la primauté de la famille dans notre organisation de la société. En reconnaissant l'évolution de la famille sous diverses formes, le législateur a tenu à renforcer sa place en multipliant les soutiens à la fonction parentale.

La parentalité privilégie une perception dynamique qui minimise la statique. On ne naît pas parents on le devient et on le demeure, pour autant qu'on assume convenablement cette fonction.
Il n'est plus question de mauvais ou de bons parents mais de fonction parentale, de compétence parentale, de qualification ou de ressources parentales.
Cette notion de parentalité permet d'admettre que puissent émerger des défaillances personnelles liées au contexte de l'emploi et de l'environnement par exemple. Il nous oblige à être plus souple et plus respectueux des autres.
Il se peut que cette notion de parentalité passe d'une logique d'aide à une logique de partenariat.

En effet, la démarche spécifique qui met en valeur la parentalité est soutenante et accompagnante. Elle s'appuie sur une logique de partenariat où les parents sont responsabilisés.
On finit par ne plus distinguer ce que les parents sont ou peuvent être.
Quand nous travaillons sur la parentalité, nous faisons en sorte, nous faisons en sorte que les parents se réapproprient leur fonction parentale.
Quant à la parentalisation, voire de reparentalisation, elle sert à caractériser les différentes stratégies de soutien et de renforcement de la parentalité ordinaire ourdies par des groupements spécialisés et, depuis peu, par les pouvoirs publics.

Enfin, d'autres utilisent également le mot parentalisme comme pour inscrire ce type d'action publique dans la philosophie politique.

La référence à la parentalité, en dehors de son cadre clinique, provoque des distorsions, des résistances dans l'ensemble des disciplines qui aujourd'hui l'utilisent. Pour autant, sa consécration et sa vulgarisation ont été largement assurés par son apparition dans le discours politique, avec les craintes légitimes des professionnels de voir ce concept promu au rang d'explication globale et définitive pour l'ensemble des dysfonctionnements sociaux.


Cette page présente la suite de l'article de Delphine DELECOURT ("Essai de conceptualisation du terme Parentalité") sur Parler de la parentalité : la famille, les parents, la parentalité, la parentalisation.

 
< Précédent   Suivant >
Annonces google
Lexique social
(C)2008/2009 travail social - formation sociale - emploi social .