logo.png, 0 kB
Accueil arrow Le social - actu arrow Fiche pratique : ASS/ Situation sociale
Menu principal
Accueil
Métiers du social
Le social - actu
Citations
Portraits
Cinéma
Fiches pratiques
Téléchargements
Emploi social
Forum
Journal d'étudiant
Petites annonces
Bons plans
Liens
Livres
Le fil de l'info
Recherche
Revue de presse
Les flash infos
parlez en à vos amis
Fiche pratique : ASS/ Situation sociale Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 7
FaibleMeilleur 
fiche.jpgMerci à vanessa de vous permettre d'avoir une idée d'une situation sociale.



Situation sociale de Vanessa



Ma situation sociale est extraite de mon stage de deuxième année, effectué dans un Centre Médico-Social dans le Sud-Ouest de la France.
Il me semble important d’indiquer que ce Centre Médico-Social est implanté dans un quartier d’Habitation à Loyer Modéré (HLM) reconnu comme Zone Urbaine Prioritaire
Ce quartier est composé de logements sociaux où résident près de trois mille habitants. Les habitants de ce quartier ont des conditions de vie très précaires et la plupart parlent difficilement ou peu le français.
50 % de la population de ce quartier a moins de 30 ans (dont 44 % moins de 25 ans) De plus, 40 % est d’origine étrangère de provenance diverse (Europe de l’Est, Asie, Afrique) ce qui peut s’expliquer par la présence du Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile sur ce quartier.

L’activité du Service Départemental d’Action Sociale se situe autour de deux missions fondatrices qui visent : la prévention et l’insertion. C’est à dire que ce service doit prévenir la maltraitance, l’abus des personnes fragiles et la dégradation des situations (financière, professionnelle, familiale…) et collaborer à l’insertion des personnes en risque de désocialisation de par leur situation socio-économique ou psychologique.
Les problématiques rencontrées sont diverses : séparation, problème financier, logement, surendettement, maltraitance etc….

L’équipe se compose de :

  1. Quatre assistantes sociales de polyvalence
  2. Une technicienne en intervention sociale et familiale
  3. Une conseillère en économie sociale et familiale
  4. Trois agents en charge du RMI dont une assistante sociale, une conseillère en économie sociale et familiale et un animateur.
  5. Deux secrétaires



  • I- Présentation de la famille-Recueil de données


La famille dont je vais vous parler était déjà connue par le service social depuis août 2002.
Leur première demande était dans le cadre du Fond Solidarité Logement : ils souhaitaient une aide financière pour accéder à un logement. (premier loyer et caution)
Les éléments que je vais vous présenter proviennent pour une majeure partie des entretiens que nous avons eu dans la période du 9 janvier au 25 mai 2004 pendant laquelle nous nous sommes rencontrés une dizaine de fois, mais aussi du dossier administratif du Centre Médico-Social.

Monsieur et Madame sont Colombiens, arrivés en France en 1997 pour fuir la guérilla en Colombie. Ils sont respectivement âgés de 37 ans et de 30 ans. Le couple parle et comprend parfaitement le français.
Madame a été élevée par sa grand-mère maternelle en Colombie : son père ayant été assassiné et sa mère l’ayant abandonnée.
Ce couple semble avoir vécu des atrocités dans leur pays dont ils ne parleront, cependant, à aucune reprise.
Monsieur est arrivé en France un mois avant Madame. Une fois en France, il n’a plus donné signe de vie à sa femme.
La situation en Colombie s’aggravant, Madame a décidé de se rendre elle-aussi en France. Elle est arrivée sur place sans savoir où aller et parlant très peu le français. Elle me racontera avoir vécu sous les ponts pendant quelques semaines avec sa fille, Daniela alors âgée de 4 ans puis avoir rencontré un homme avec qui elle s’est installée et dont elle a été enceinte. Cet homme ne souhaitant pas assumer cette grossesse et Madame désirant fortement garder l’enfant, ils se sont séparés. Daniel, enfant trisomique est né de cette union en 2000. Madame a alors décidé de retrouver son conjoint qui a accepté d’assumer l’enfant bien que celui-ci ne soit pas issu du couple. Elle me dira qu’il a choisit d’assumer cette paternité du fait de leur culture et de leur religion. En effet, selon elle, les Témoins de Jéhovah ont un grand respect pour l’institution familiale et refuse le divorce sauf dans certains cas exceptionnels. Le couple a un troisième enfant, Gabriel né en 2002.
Cette famille a d’abord vécu sur Paris où Monsieur travaillait comme peintre en bâtiment et Madame comme femme de ménage avant d’arriver en 2002 dans un département du Sud-Ouest car Monsieur voulait se rapprocher de sa famille ; sa sœur y étant installé. Une fois installé, Monsieur a continué à travailler comme peintre en bâtiment tandis que Madame s’est occupée de ses enfants : Daniela, Daniel et Gabriel


  • Daniela, âgée de 11 ans, est la seule des trois à être née en Colombie. Elle est scolarisée en CM2. Une surdité importante a été repérée en 2003 ce qui explique son retard scolaire. Cette surdité n’avait pas été décelée auparavant du fait du barrage de la langue. Ce problème médical a été pris en charge.
  • Daniel,âgé de 4 ans, est né à Paris. C’est un enfant trisomique. Il est scolarisé en maternelle. Depuis l’âge de trois ans, cet enfant est en intégration scolaire tous les matins et passe le reste de son temps en garde chez une assistante maternelle à titre non-permanent. Son intégration scolaire se passe bien. D’après le médecin de la Protection Maternelle Infantile, Daniel a marché à l’âge de 20 mois et présentait un retard de langage. Il est agité et ne peut se fixer sur une activité. Par contre, si on s’occupe de lui, il reste tranquille. Il requiert donc, une grande attention de la part de ses parents.
  • Gabriel, âgé de 2ans et demi est né à Paris. Il reste au domicile avec Madame et va de temps en temps à la Halte-Garderie.


La famille a été hébergée dans un premier temps chez la sœur de Monsieur mais le logement est vite devenu trop exigu pour les deux familles. Ils ont dû trouver une autre solution et ont ainsi sollicité la réserve préfectorale par l’intermédiaire des services sociaux et ont obtenu un logement HLM environ deux mois plus tard en bénéficiant du Fond Solidarité Logement. En attendant ce logement, ils ont vécu dans deux caravanes dans un camping. Ils vivent désormais dans un T5 en location.
Cette famille semble avoir un réseau relationnel quasi inexistant en dehors de la famille de Monsieur. Selon Madame, elle sort peu, juste pour faire les courses ou chercher les enfants à la sortie de l’école.
De plus, il semblerait que le père s’implique peu au niveau de l’éducation de ses enfants selon les dires de la directrice de l’école et de l’assistante maternelle de Daniel . Il est apparu fuyant à chacun des rendez-vous.

  • II- Evaluation préliminaire : premier entretien

Ma première rencontre avec Madame eut lieu en janvier suite à un appel en permanence téléphonique pour une demande d’aide financière. Elle est venue au rendez-vous accompagner de Gabriel. Madame parle bien le français ; Elle parle beaucoup et est difficile à cadrer. C’est pourquoi dès le début de l’entretien, j’ai choisi d’effectuer un entretien directif afin de mieux repérer ses demandes.
Quant à Gabriel, il m’est apparu comme un enfant très agité et quelque peu agressif. En effet, tout au long de l’entretien il n’a pas pu rester en place et nous interrompait souvent. Sa mère a tenté de le recadrer mais ce n’eut aucun effet sur lui.

Avant d’aborder ses problèmes financiers Madame m’a fait un bref résumé de la situation actuelle. Elle m’a d’abord parlé de ses enfants, ce qui semblait être sa priorité, et m’a informé que son fils, Daniel, s’intégrait parfaitement à l’école et qu’il était alors question de l’y intégrer à temps complet. Une équipe éducative intégrative devrait avoir lieu le mois suivant à l’école à ce sujet. Elle a ajouté que la réussite scolaire avait une très grande importance pour elle.
Ensuite, Madame m’a exposé sa demande. Son mari était parti en Colombie de Novembre à Décembre 2003 accompagné de Gabriel après avoir pris un congé sans solde d’un mois, la laissant avec les deux aînés avec comme seule ressource les allocations familiales. Ce qui a provoqué des difficultés financières pour cette famille. Elle venait pour une aide pour le paiement de sa facture d’eau. D’après Madame, Monsieur est parti avec Gabriel sans l’avertir de son départ. Malgré quelques questions il m’a été impossible de savoir pour quelles raisons son mari avait quitter le domicile. Ce qui laissait à penser que les relations de couple étaient plus ou moins perturbées, hypothèse quelle me confirma par la suite dans nos entretiens suivants.
A la fin de l’entretien, Madame a exprimé une grande fatigue, un stress dû à ses difficultés par rapport à la prise en charge éducative de ses enfants. En effet, Daniel avait d’importants troubles du sommeil et empêchait le reste de la famille de dormir ce qui les rendaient fatigués et agressifs. Il se roulait par terre, criait et tapait contre les murs durant toutes les nuits. Madame me dira qu’il ne faisait pas ceci avant et qu’elle ne comprend pas ce qui lui arrive.
De plus, Gabriel, qui reste avec elle la journée, était très agité et agressif lui aussi et par conséquent ne lui laissait pas le loisir de se reposer. Elle désirait savoir s’il existait une solution pour prendre en charge la Halte-Garderie de Gabriel afin qu’elle puisse avoir du temps pour elle, pour se reposer mais aussi faire des rencontres car elle se sentait très seule.
L’entretien ayant déjà duré longtemps. Nous avons convenu ensemble des points que nous aborderons lors de notre prochaine rencontre. Ainsi, le rendez-vous suivant aurait pour objectif d’aborder ses problèmes éducatifs en présence de son mari si cela été possible. Je souhaitais, en effet, qu’il soit présent afin de l’intégrer dans le travail qui allait être mis en place, et ce d’autant plus que son départ en Colombie était à l’origine de leur difficultés financières.

A la fin de cet entretien deux orientations apparaissaient dans la prise en charge de cette famille : une partie axée sur un soutien à la parentalité et une partie concernant la lutte contre l’isolement de Madame.
La demande d’aide financière pour la prise en charge de la facture d’eau étant une demande en urgence qui impulsait d’autres demandes. Lors de notre première rencontre j’ai étudié le budget de la famille afin de savoir si elle pourrait bénéficier d’un fond d’aides aux impayés. C’est un fond appartenant à la Direction Départementale d’Action Sanitaire et Sociale permettant la prise en charge de facture d’électricité, téléphone ou eau selon un barème précis. Les ressources de la famille permettait sa sollicitation et la demande a été acceptée.

  • III- Elaboration et mise en œuvre du projet d’intervention
  • Soutien à la parentalité.
    En raison des problèmes énoncés par Madame j’ai souhaité intervenir sur le soutien à la parentalité afin d’alléger la charge de travail de Madame et lui permettre d’aller vers des activités extérieures.

Dans ce cadre, seule Madame a pu être rencontrée ; Monsieur étant absent lors des visites à domicile et entretiens proposés en dehors de ses heures de travail.

  • 1- Pour Gabriel, 2 ans et demi


Gabriel est un enfant remuant, agressif et en difficulté de socialisation. En effet, il a dû mal à se séparer de son environnement familier et notamment de sa mère avec qui il a un comportement plutôt « collant »
Madame m’a fait part d’observations concernant son fils qui la dérangeait comme notamment le fait que son fils frappe ses frères et sœurs, fait des caprices et n’accepte pas qu’un étranger à la famille vienne à la maison. Elle ne comprend pas ce comportement, ni Daniela ni Daniel, ne réagissaient ainsi. Elle appréhende l’entrée en maternelle de Gabriel qui s’effectuera en septembre prochain.
J’ai ainsi proposé à Madame d’inscrire Gabriel à la Halte-Garderie du quartier pour qu’il se socialise auprès d’enfants en attendant qu’il entre à la maternelle ce qu’elle a refusé dans un premier temps puis, elle a m’a demandé s’il serait possible d’être aidé pour financer cette garde. Aussi, après avoir étudié et mis en évidence leurs ressources, j’ai décidé, en accord avec ma formatrice, de présenter la requête en commission pour le premier trimestre 2004 dans le cadre d’une Allocation Mensuelle d’Aide Sociale à l’Enfance (AMASE). L’AMASE est une allocation que chaque travailleur social présente en commission devant l’inspecteur de l’Aide Sociale à l’Enfance ; Elle est attribuée aux familles selon un barème, lorsque la santé d’un enfant mineur, sa sécurité ou son entretien l’exigent. C’est une action de prévention. La demande a été acceptée et Gabriel a intégré la Halte-Garderie.

  • 2- Pour Daniel, 4 ans


En ce qui concerne Daniel, Madame ayant évoqué les difficultés rencontrées au quotidien à la maison et ayant eu un contact avec l’assistante maternelle, j’ai pu constater que ces problèmes n’apparaissaient pas chez cette dernière. L’assistante maternelle m’a informé d’un problème médical non pris en compte par Madame et d’un incident survenu. En effet, un jour elle a prévenu Madame que Daniel n’avait pas été bien de la journée qu’il avait fait un malaise et lui a conseillé de l’emmener voir un médecin ce qu’elle n’a pas fait. Or, le lendemain Daniel a dû être hospitalisé d’urgence car il a fait un nouveau malaise à l’école.
J’ai donc évoqué cette situation avec le médecin de la Protection Maternelle Infantile qui m’a confirmé les faits. Après avoir échangé avec ma formatrice nous nous sommes interrogées sur la question d’un accueil plus important pour Daniel qui permettrait à Madame d’être soulagée d’une relation qui paraît pesante et qui permettrait aussi à Daniel de s’apaiser.
Puis, en décision avec l’équipe du Centre Médico-Social nous avons choisi de proposer à la famille la mise en place d’un accueil provisoire pour une durée de six mois pendant deux jours et deux nuits.
Ceci a été proposé à la famille en mon absence et accepté par Monsieur et Madame. En effet, il faut noter que ce jour là, Monsieur s’est déplacé. Madame ne lui a pas laissé de place au cours de la conversation et quand les travailleurs sociaux se sont adressés à lui, il n’a pas souhaité s’exprimer d’après ce qui m’a été rapporté par les membres de l’équipe présent ce jour-là.
Un éducateur de l’Aide Sociale à l’Enfance prenait donc le relais auprès de Daniel.
L’accueil provisoire a eu pour effet de permettre à Madame de se confier sur les difficultés d’être mère d’un enfant handicapé. Je lui est donc parlé de l’Association Départementale des Amis et Parents d’Enfants Inadaptés (ADAPEI) , association où elle et son mari pourraient rencontrer d’autres parents vivant des choses similaires. Elle a donc décidé d’aller les rencontré et a participé à un groupe de parole où elle a pu exprimer ses souffrances et difficultés à vivre avec un enfant trisomique.
Par la suite, Madame a exprimé une certaine culpabilité à l’égard du placement de Daniel. L’accueil provisoire avait, en effet, était vécu par Madame comme une sorte de punition. J’ai donc dû la rassurer en lui expliquant qu’il n’y avait pas de culpabilité à avoir et que cela pouvait arriver à tout parent de mettre un peu de distance entre eux et leurs enfants. Ainsi, nous avons contacté ensemble l’éducateur de l’Aide Sociale à l’Enfance qui effectuait le suivi de Daniel pour éventuellement revoir les modalités de cet accueil provisoire. Le changement de prise en charge de l’accueil provisoire est ensuite passé de deux nuits et une journée par semaine à deux jours et une nuit par semaine en accord avec Monsieur et Madame.
Cette modification a semblé satisfaire Madame qui a exprimé ensuite un mieux-être. En effet, ainsi elle voyait Daniel plus souvent et arrivait dans le même temps à consacrer du temps à ses autres enfants ainsi qu’à elle-même et à son mari qu’elle dit avoir négligé.
De plus, lorsque nous avons abordé le manque de suivi médical de Daniel et notamment le cardiologue qu’il devait rencontrer. Madame m’a expliqué, qu’elle n’avait pas fait les démarches car il fallait aller voir un spécialiste à Bordeaux et qu’ils n’avaient pas les moyens. Elle a précisé que le dossier médical de Daniel était nécessaire et que celui-ci était toujours à Paris. Ensemble, nous avons donc décidé de contacter l’hôpital de Paris où Daniel avait été opéré afin qu’ils nous fasse parvenir son dossier. Le dossier a été envoyé chez le médecin généraliste de la famille. Ensuite, nous avons pris rendez-vous avec un cardiologue pour effectuer le contrôle.
L’école semblait également satisfaite de la modification de l’accueil provisoire car, Daniel a fait ensuite de fulgurants progrès. Depuis l’accueil provisoire, l’institutrice a noté une amélioration du comportement de Daniel ; Auparavant il était isolé et ne parlait pas et désormais, il entre en communication avec ses camarades (verbale et non verbale par le toucher) et a de meilleurs résultats. D’ailleurs, ils ont convenu d’un passage en moyenne section pour l’année suivante en faisant appel à une Auxiliaire de Vie Scolaire
Madame était ravie de l’évolution de son enfant et constatait qu’à la maison cela se passait beaucoup mieux aussi : il était plus calme et dormait la nuit.

  • 3- Pour Daniela, 11 ans


Madame a pu consacrer plus de temps à sa fille qu’elle avait délaissée afin de s’occuper de ses fils ce dont elle culpabilisait.
Daniela devait changer d’école en cours d’année pour se rapprocher de son domicile et bénéficier d’un Réseau d’Aide Spécialisé aux Elèves en Difficulté (RASED) compte tenu de ses difficultés scolaires liées à ses problèmes d’audition.

Le soutien à la parentalité apporté à cette famille fut donc très important pour aider cette maman dans ses relations avec ses enfants et pour aider les enfants à se socialiser. Il fut accompagné d’un soutien à la lutte contre l’isolement ayant pour objectif de lui permettre d’aller vers l’extérieur.

  • - La lutte contre l’isolement


Madame se sentait très isolée. En effet, le réseau de connaissances et de relations de cette famille est très pauvre et se limite au réseau familial.
De plus, Monsieur est peu présent au domicile du fait de son travail et de ses activités de recrutement de témoins de Jéhovah.
Il a fallu de nombreux entretiens, avant qu’elle n’aborde cet isolement qui semblait lui pesait. Elle était en demande de rencontres de personnes. Or comme l’une de ses passions étaient la fabrication d’objet artisanal, je lui ai parlé des ateliers mis en place par notre Centre Médico-Social. Il s’agit de plusieurs activités (découvertes de l’environnement, création artistique etc…) créés pour éviter la rupture en mobilisant les personnes grâce à des supports divers.
Elle semblait intéressée, cependant elle m’a dit que ma formatrice de stage le lui avait déjà proposé précédemment. Elle y avait été mais apparemment cela c’était mal passé avec l’une des animatrices et elle ne souhaitait pas y retourner. En disant cela elle s’est mise à pleurer, ce qu’elle avait déjà fait auparavant dans plusieurs de nos entretiens.
Cette jeune maman ayant déjà craqué nerveusement (dépression) je lui ai suggéré d’aller reprendre rendez-vous avec le Centre Médico-Psychologique où elle avait effectué un suivi, qu’elle avait abandonné par la suite. Elle a semblé réticente à y retourner aussi lui ai-je proposé une autre solution à laquelle elle a aussitôt adhéré soit une rencontre avec le Centre d’Information des Droits de la Femme. En lui expliquant qu’elle aurait la possibilité d’effectuer des rencontres mais aussi de participer à des ateliers tels que sophrologie, créativité, relooking etc…(Valorisation, reconnaissance)
Nous avons alors pris rendez-vous pour une première rencontre avec la personne qui s’en occupait mais mon stage touchant à sa fin je ne sais pas ce qui en est ressorti. Ayant participé moi-même à ces ateliers je pense que Madame devrait s’y intégrer et trouver ce qu’elle recherchait.

Ma prise en charge de cette famille s’est terminée par le passage de relais à une collègue suite à un changement de secteur. Nous avons rencontré ensemble Madame ce qui fut l’occasion de réaliser une évaluation de l’action menée.
Au début de l’intervention Madame avait sollicité le service social pour une aide financière qui a fait émerger d’autres types de demande.
Mes objectifs semblent atteint dans le cadre du soutien à la parentalité ainsi que dans celui de la lutte contre l’isolement. Des actions ont permis une évolution positive de la situation car Madame a su verbaliser ses difficultés.

  • IV- Analyse critique et enseignements retirés


Cette prise en charge m’a demandé beaucoup d’énergie et de temps car Madame avait besoin d’un accompagnement quasi-quotidien pour la rassurer et la guider pas à pas.
Cette situation m’a conforté dans la prise de conscience de l’importance du respect du rythme et des personnes. En effet, je me suis ainsi rendue compte que les choses étaient allaient peut être trop vite pour cette Dame et qu’elle avait peut être besoin de temps pour effectuer les démarches et évolué. Notamment en ce qui concerne la mise en place de l’Accueil Provisoire car, Madame a adhéré à chacune des propositions du service cependant il s’est avéré, après quelques temps que tout ceci ne lui convenait pas tout à fait. Elle voulait prendre de la distance avec ses enfants pour vivre pour elle et s’en culpabilisait. Avec le recul, je pense qu’avec l’équipe du Centre Médico-Social, nous aurions peut être dû ne pas nous précipiter et mieux évaluer la notion de culpabilité de cette personne accentué par sa culture, sa religion et son histoire de vie. En effet, il était difficile pour elle du fait de sa culture et peut être aussi de sa religion de laisser d’autres personnes prendre soin de ses enfants, de n’être pas capable de les assumer seule.
Mon stage touchant à sa fin, des actions restaient encore à mettre en place dont un travail avec le couple pour que chacun trouve sa place en tant que parent. Ce travail pourra s’effectuer pae l’éducateur de l’ASE en partenariat avec l’Assistante de Service Social de secteur. De plus, il fallait aider Madame dans ses démarches d’emploi. En effet, dans le but de rencontrer de nouvelles personnes et d’offrir plus de choses à ses enfants, elle avait décidé de reprendre le travail et souhaitait passer le permis de conduire. Elle ambitionnait de devenir auxiliaire de vie et désirait donc faire une formation..
Il fallait aussi soutenir cette maman, très fragile et essayait de travailler avec elle pour qu’elle rencontre un psychologue afin d’évacuer les tensions et le stress dont elle faisait part très souvent. En effet, j’ai dû revoir le cadre de mon intervention très souvent car, Madame me sollicitait pour de nombreuses choses qui, parfois, ne relevaient pas de mes compétences. Elle prenait souvent rendez-vous, juste dans le but de n’être pas seule, de trouver une oreille attentive et prenait le prétexte de venir faire le point sur sa situation. Madame m’a beaucoup investit et j’ai dû être très vigilante sur ce point. Il aurait été nécessaire qu’elle rencontre un psychologue car elle avait énormément besoin de parler et d’évacuer ses tensions, ses craintes et de reprendre confiance en elle mais je suis consciente des difficultés que cela engendrait pour elle, au niveau culturel.

 
< Précédent   Suivant >
Lexique social
(C)2007 travail social - formation sociale - emploi social .