Non non, je ne suis pas une extra-terrestre quoique... Mais voilà, je suis plutôt sensible à ce qui m'entoure...
Cela fait maintenant une bonne semaine que je suis en stage au sein d'un SESSAD et je dois dire que ce que j'y vois se révèle de plus en plus comme une révélation. Le travail pluri-professionnel que je trouve super enrichissant, les activités diverses et variées, les populations mélangées, les enfants aux tempéraments et sensibilités particuliers... Aujourd'hui, véritable bain de culture au programme en compagnie d'une éduc fraîchement diplômée et passionnée. Donc forcément pour moi, passionnante. Quel plaisir de discuter avec une personne avec qui l'on est sur la même longueur d'ondes. Cet après-midi, j'ai observé une application vivante des cours d'ethnopsychiatrie et des bouquins que je dévore littéralement depuis un mois: comment faire un travail convenable avec un enfant ou un ado à la frontière entre 2 cultures: celle de la maison et celle du "dehors"? Pas facile quand la plupart du temps, ces deux cultures ne se complètent pas mais sont en compétition! Alors on retrousse ses manches et on va voir ce qu'il se passe du côté de l'autre culture: "Ah oui vous faites comme ça? Ah chez nous on fait comme ça!" Intrusif penserez-vous? Toute la difficulté est là chers amis! Il y a une barrière invisible qu'il ne faut pas franchir sous peine de "manquer de recul", belle expression que l'on a souvent entendue depuis le début de formation!! Sorte de garde-fou... En tout cas, aujourd'hui j'ai vu un bel exemple de partage entre 2 personnes aux quotidiens et aux cultures bien différentes, s'entendre et échanger autour d'une petite fille en souffrance. Maman d'un côté, éduc de l'autre. Deux femmes qui se parlent en se regardant dans les yeux. Les mots de l'une sont hachés, courts, presque monosyllabiques et étonnament précis. Les phrases de l'autres sont plus "rondes", liantes, une sorte d'invitation et de reconnaissance en même temps. Au milieu, une petite fille qui s'accroche à un bras trop peu souvent passé sur ses épaules... Elle lève la tête, va de l'une à l'autre, sourit parfois. Elle cherche elle aussi sa place mais dans ce cercle imaginaire que forment les mots des deux femmes, elle est presque tranquillisée. Tous les livres de théories ne peuvent pas montrer les gestes au quotidien, les savoir-être dont on se sert de clés pour défaire un noeud, dévérrouiller une situation source de souffrance... |