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Education et temporalités |
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 Toutes les espèces vivantes sont assignées aux diktats de leurs perceptions et doivent produire des réponses immédiates ! Toutes à l'exception de l'Homme : seule l'espèce humaine est capable de se distancier de l'espace visible et d'anticiper les situations à venir ! Aussi, pour assimiler les prévisions imposées par notre culture, notre capacité à attendre s'avère essentielle. Peut-on concevoir une logique de projet qui ne prendrait pas appui sur cette aptitude à différer ? Sur ce fondement, par l'éducation, nous apprenons à dépasser les contingences de l'immédiateté sensorielle pour agir ensemble sur nos conditions à venir. L'Homme est un animal anticipateur ! Mais actuellement, la crise d'un avenir " à prendre avec précaution " atteste que l'horizon temporel s'effondre ; cette crise de l'être dans la durée fragilise les identités et génère une profonde difficulté à s'engager. Le rapport au temps se décline maintenant en termes d'excès de vitesse, de zapping sensoriel, d'hédonisme à crédit, de satisfaction immédiate jusqu'au surendettement ! Mais que savons-nous de la dernière conquête de notre espèce ? Par quelles voies ces fragiles compétences, que nous proposons d'appeler précursives, en nous s'élaborent, se défont ou se restaurent ? Lorsque la relation au temps semble arrêtée, de quoi s'agit-il Biologique ou sociale, où avons-nous appris à concevoir cette défaillance ? Élèves incapables d'attendre, adolescents sans projet ou adultes dans l'errance... où est la clé qui relance le mouvement ?
Biographie de l'auteur Educateur; puis chef de service éducatif, Alain Matoug est actuellement formateur dans un institut de formation aux Carrières sociales. Il est titulaire du DESS de sociologie des Organisations et du DEA de sociologie " Risques et Innovations " de l'Université de Rouen.
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