Livre de chevet autant que boussole pour gros temps, Encadrer, un métier impossible ? expose une analyse de l’ensemble des contours et du contenu concret de l’activité d’encadrement. Ecrit dans un style non jargonnant mais scientifiquement rigoureux, Encadrer, un métier impossible ? étudie l’encadrement au-delà des modes managériales, « d’en bas et sur le tas », à partir du travail concret en train de se faire. Loin d’être si variable qu’il en serait insaississable, loin d’être « immatériel », flou ou enfermé dans une « boîte noire », ce dernier obéit à des lois et des mécanismes précis, qu’on peut connaître. Accés direct au livre

Pour ce faire, il faut analyser de près l’encadrement en actes, par des entretiens et des observations de situations professionnelles concrètes. Ces dernières, avec leurs traits quotidiens, à la fois banaux, besogneux et extraordinaires, sont au cœur de cet ouvrage. On y découvre une activité d’une nature tout à fait particulière, dans laquelle les dimensions du pouvoir et de la parole jouent un rôle considérable. Cela en fait un métier qui n’est pas tout à fait comme les autres, mais qui peut en retour jeter un éclairage inédit sur tous les autres. Dans l’encadrement, les aspects personnels et professionnels sont inséparables. Les objectifs généraux fixés par les directions d’entreprise et les rapports de force globaux s’y nouent dans des situations toujours singulières. Le concept « d’orientation du travail » est ici proposé comme carrefour où se rencontrent le symbolique et l’opérationnel, le général et le singulier, le politique et le personnel, l’idéologique et le subjectif, dans l’activité quotidienne d’encadrement. Ce concept analyse le social du point de vue de ce qu’on y fait et de ce qu’on peut en faire. Ce livre prend le contre pied d’un certain nombre d’ouvrages qui dénoncent les « outils de gestion », les méthodes et les techniques du management modernes, pour être à l’origine de nouvelles formes d’aliénation de l’encadrement et d’autres salariés. Paradoxalement, à force d’insister sur la puissance de ces outils et sur les souffrances, au demeurant bien réelles, qu’ils engendrent, on finit par leur donner plus de force qu’ils n’en ont et par accroître la croyance qu’il n’y a « rien à faire ». Tel n’est pas le propos de ce livre. Dans la perspective d’une éthique de la responsabilité personnelle, il montre que ceux qui font travailler les autres ont toujours des choix à faire, et les font. Si parmi eux il y a des adeptes zélés du nouveau management, il y a aussi des gens qui feignent d’y croire ou qui le détournent de manière subtile. Dans l’optique d’une « sociologie des failles », ce livre fait découvrir l’existence, chez les encadrants comme chez ceux qu’ils encadrent, d’une espèce de « militantisme du métier », où se construisent, jour après jour, les pistes silencieuses de nouvelles formes de résistance. Ce livre est le fruit de vingt années d’enquêtes, et d’une posture de recherche qui consiste à « travailler avec » les personnes interviewées. Dans cette position, recherche et conseil ne s’opposent pas mais se fécondent réciproquement. Frederik Mispelblom Beyer est professeur de sociologie à l’université d’Evry, chercheur au Centre Pierre Naville. Il a publié notamment : Au-delà de la qualité : démarches qualité, conditions de travail et politiques du bonheur, Syros/La Découverte, 1999 (2ème édition), et en co-direction European Working Lives, Edgar Elgar, 2001. |