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Portrait : Rene A.Spitz Suggérer par mail
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spitzRene.jpgSes recherches ont porté sur la naissance de la vie psychique chez le nourrisson. Les stades de développement psychique décrits par Spitz sont assez proches de ceux de Piaget concernant la genèse de l'intelligence.

René Spitz a observé un tableau de développement du bébé : Les organisateurs de 0 à 3 ans.

  1. Le sourire
  2. L’angoisse du 8ème mois
  3. Le non
  4. La parole
      • Le sourire signifie la 1ère relation consciente à la mère reconnue.
      • L’angoisse du 8ème mois et la période où la mère est identifiée.
      • Le Non, va insérer l’enfant dans un réseau de communication.
      • La parole, ouvre à la relation entre les sujets.



Psychanalyste américain d'origine hongroise (né en 1887 à Vienne/Autriche, mort en 1974 à Denver/USA). Fuyant l'Allemagne nazie, il s'installe aux USA et enseigne à l'université de Denver.

Il s'intéresse dans ses travaux à la relation mère / nourrisson. Il développe en particulier les notions d'hospitalisme et de dépression anaclitique à partir des carences affectives qu'il observe chez le nourrisson et de leurs conséquences sur le développement psycho-affectif.


  • Extrait

« L'existence de la mère, sa seule présence servent de stimulus déclenchant les réponses du nourrisson ; la moindre de ses actions, aussi insignifiante soit-elle, même si elle n'a aucun rapport avec l'enfant, fait fonction de stimulus. Dans le cadre des relations objectales, les activités de la mère qui provoquent les réponses observables du nourrisson appartiennent aux formes les plus grossières et les plus facilement reconnaissables de l'interaction des stimuli au sein de la dyade. J'aborderai plus tard les formes plus subtiles de cette interaction. En attendant, je dirai que pendant la première année ce sont les expériences et actions intentionnelles qui influent probablement le plus sur le développement des divers secteurs de la personnalité du nouveau-né. L'enfant prend plaisir au processus de décharge de ses pulsions instinctuelles sous forme d'actions et quiconque a observé le comportement d'un nourrisson que l'on démaillote connaît bien la joie évidente qu'il manifeste à cette occasion. Et cette joie est encore plus grande si un partenaire, la mère, participe à ses frétillements. Ses efforts envers son partenaire sont clairement visibles et deviennent avec les semaines qui passent de plus en plus dirigés. Le succès augmentant son plaisir, il répétera jusqu'à le maîtriser tout comportement lui ayant déjà réussi. Par contre, il abandonnera les actions qui se traduisent régulièrement par un échec.

C'est une façon d'apprendre analogue au processus bien connu en psychologie de l'apprentissage par essais et erreurs, renforcé par un processus de conditionnement dont la mère n'est pas consciente. La mère préférant et facilitant les actions de l'enfant qui lui plaisent, ses préférences mêmes auront une influence directrice et exerceront un

« renforcement primaire » pour le développement de ce dernier. Si elle est tendre et maternelle, elle prendra plaisir à toutes les activités de son bébé. Ses affects, son plaisir, ses propres actions conscientes ou inconscientes facilitent celles, variées et nombreuses, de l'enfant. J'estime en outre que l'aide la plus grande est apportée au bébé non par les actions conscientes de la mère mais par ses attitudes inconscientes. »

Extrait de De la naissance à la parole, Puf, 1984, Paris

  • René A. Spitz, Le non et le oui

« En ce qui concerne le signe de tête du « Non », nous avons trouvé que son apparition vers le quinzième mois était le résultat final de la confluence de deux lignes indépendantes de développement, à savoir: a) un contenu idéationnel, qui s'est développé à partir d'un comportement instinctuel oral et qui a passé ensuite par une transformation métapsychologique; b) les changements d'un schème moteur phylogénétiquement hérité, le fouissement. Nous proposons de suivre ces deux mêmes directions pour explorer la genèse du geste du « Oui ».

Rappelons-nous nos conclusions à propos du contenu idéationnel du geste du « Non » et de la négation. A la naissance et pendant la période de fonctionnement du schème du fouissement, le « Non » n'existe pas. Le dispositif nécessaire pour porter un jugement est absent, car la  conscience n'existe pas et l'inconscient est incapable de négation.

L'absence de conscience chez le nouveau-né semblerait montrer que ; l'assentiment, ou mieux 1' « affirmation », n'existe pas non plus à la naissance. Mais ceci n'est pas tout à fait correct, si nous pensons en termes psychanalytiques. Il est correct de l'admettre en ce qui concerne le contenu idéationnel, mais, comme nous allons le montrer, le prototype de l'affirmation est présent dans la pulsion. Au niveau sémantique, 1'« affirmation » est l'antonyme de la négation. (…) Au niveau logique, la négation ne peut pas se développer s'il n'existe pas au préalable un contenu ou une affirmation. Elle dépend de l'existence a priori de l'affirmation. Cette définition résume les conceptions de la grande majorité des écoles philosophiques, depuis Aristote jusqu'à Sigward.(…) Nous laisserons de côté la position particulière prise par Heidegger et ses successeurs. L'affirmation, par contre, n'est pas basée logiquement sur l'existence préalable d'une négation.

Dans la théorie psychanalytique, l'affirmation possède une signification propre. L'affirmation est l'attribut essentiel de l'instinct. Aucune contrepartie consciente, aucun contenu idéationnel ne sont nécessaires pour éveiller les propriétés appétitives (Glover, 1943) de la pulsion, qui se manifestent dans le fait que celle-ci possède une direction. C'est pourquoi nous dirons que les manifestations pulsionnelles dans les comportements archaïques, comme le fouissement et les autres phénomènes de décharge, sont « affirmatives ».

Cet emploi du terme est le corollaire de la déclaration de Freud sui­vant laquelle le « Non » n'existe pas dans l'inconscient. Nous pensons qu'il est justifié d'en déduire que cette déclaration implique également que la valeur de la pulsion est celle du « Oui ». Nous apporterons cepen­dant la réserve suivante à la déduction tirée de la déclaration de Freud : lorsque la pulsion ne rencontre pas d'opposition, elle possède la valeur du « Oui ».

 Il serait faux d'admettre tacitement que la barrière de protection contre le stimulus représente une telle force d'opposition. »

Extrait de Le non et le oui, Puf, 1973, Paris

 
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